Grue cendrée: Grus grus

La grue cendrée (de la famille des gruidés) est, après les cygnes, le plus gros oiseau sauvage que l'on puisse voir en France (4 à 7 kg). Chez les adultes, l'ensemble du plumage est gris, à l'exception du cou et de la tête, noirs et blancs avec une marque rouge au sommet du crâne. Ces dernières couleurs ne se rencontrent pas chez le jeune de l'année, dont le plumage est uniformément gris terne mêlé de brun.
Dans leur deuxième année, les oiseaux ont un plumage intermédiaire. Ils ne commencent à se reproduire qu'à partir de l'âge de 4 ans. Les couples sont normalement formés définitivement, mais les parades nuptiales sont renouvelées chaque année. Les grues fréquentant la France nichent surtout en Scandinavie, Finlande et dans les pays baltes.
Les couples nichent isolément. Le nid est fait sur le sol, parfois au-dessus de l'eau peu profonde. La ponte est généralement de 2 œufs. Les jeunes quittent le nid peu après l'éclosion. Dans les premiers temps, la nourriture leur est présentée, au bout du bec, par les parents. Ils apprennent ensuite progressivement à se nourrir eux-mêmes, sous la conduite de leurs parents. La famille reste unie jusqu'à l'hiver.
Son cadre de vie : marais, lac et plaines:
Pour nicher, la grue a besoin de vastes zones tranquilles de marais, boisés ou non, tourbières, landes ou prairies humides, roselières, etc. En dehors de la période de reproduction l'espèce est grégaire.
Les secteurs d'hivernage ou de halte migratoire, le plus souvent traditionnels, doivent comprendre, dans un rayon d'une quinzaine de kilomètres, à la fois des sites de repos et des zones d'alimentation. Les premiers, où les grues se rassemblent pour passer la nuit ou pour se reposer en cours de journée, doivent être peu accessibles à l'homme et aux mammifères : ce sont par exemple des îles de grands plans d'eau ou de fleuves, des marais ou landes marécageuses, des vasières, des bords de grands étangs.
Les zones d'alimentation sont des marais, des prés et des grandes cultures : maïs, pommes de terre, fèves, etc. En Espagne, beaucoup d'entre elles se nourrissent en hiver de glands tombés de chênes parsemant de grandes plaines. La grue est omnivore et consomme toutes sortes de graines, tubercules, rhizomes, fruits et feuilles, vers, insectes, mollusques, batraciens, reptiles, poissons et petits mammifères.
En France:
La grue cendrée nichait jusqu'au 19, siècle en France, dans les landes de Gascogne. En 1985 un couple s'est installé en Normandie et s'est, depuis, reproduit chaque année. Pendant les migrations, la France est traversée, du nord-est au sud-ouest, par environ 50 000 grues dont la plupart vont passer l'hiver en Espagne.
La migration de descente se fait entre la mi-octobre et le début de décembre, les plus forts passages ayant lieu normalement fin octobre début novembre. La migration de remontée se produit de la mi-février à la fin mars.
Les passages ont lieu aussi bien de jour que de nuit, en troupes souvent importantes. Les grues volent alors en formation, en ligne ou en V. Elles s'arrêtent en cours de migration sur des haltes, dont les plus importantes sont situées en Champagne (Lacs du Der et de la forêt d'Orient) et dans les landes de Gascogne (Camp militaire de Captieux et réserve nationale d'Arjuzanx).
Un nombre très variable, de quelques centaines à quelques milliers de grues, reste passer l'hiver en France, la plupart au lac du Der et à Captieux. Elles s'alimentent alors surtout dans les terres cultivées, en particulier sur des champs de maïs où elles glanent les grains tombés au sol après la récolte.
Avenir de la grue cendrée:
La grue est de mieux en mieux respectée sur ses trajets migratoires et ses zones d'hivernage. Des sites de halte ont été protégés et parfois aménagés, tant en France qu'à l'étranger. Sans doute pour ces raisons, le nombre de grues augmente depuis une vingtaine d'années.
Mais ses milieux de reproduction, en Scandinavie et dans le nord de l'Europe, ont tendance à régresser du fait de l'assèchement et de la mise en culture ou du boisement de marais, landes et tourbières. Il est donc à craindre que, dans ces zones, l'espèce ne puisse poursuivre longtemps sa récente expansion.
L'apparition de couples nicheurs en Grande-Bretagne et en France, dans des milieux assez banaux, peut toutefois inciter à l'optimisme. Si l'espèce peut s'adapter à des milieux transformés et au voisinage de l'homme, elle pourra recoloniser des régions d'où elle a disparu au cours des siècles passés.