Le Castor: les dents du fleuve

Le castor d'Europe est le plus gros rongeur de notre pays. Le poids moyen d'un adulte est d'environ 21 Kg (max. 30 Kg), il mesure 110 à 120 cm de long dont 30 cm pour la queue qui est plate et recouverte d'écailles. Sa fourrure est imperméable, de couleur jaune avec des reflets roux sur le dos. Ses membres sont courts et ses pieds possèdent cinq doigts palmés. Le castor est un excellent nageur, capable de rester entre 5 et 10minutes en apnée. Il est, par contre, un piètre marcheur et s'éloigne rarement à plus de 20 mètres de l'eau. Son activité est essentiellement nocturne et crépusculaire.
La gestation dure environ 110 jours. Les naissances ont lieu en Mai ou Juin avec en moyenne moins de deux jeunes par couple reproducteur. Ces derniers quittent la cellule familiale à l'issue de leur deuxième hiver pour coloniser un nouveau territoire. Ils deviendront adultes à 3 ans et pourront vivre jusqu'à 15 ans.
Son cadre de vie : : le bord des rivières
Le castor vit au bord des cours d'eau, de plaine et de collines, bordés de rives boisées. On le trouve rarement au-delà de 800 m d'altitude (max. 1075 m en Ardèche). Plus rarement, il peut s'installer sur des étangs et des ballastières très proches des cours d'eau. Il est strictement végétarien.
Il consomme, en été, de la végétation herbacée et aquatique. De l'automne au printemps, il coupe des arbustes, se nourrit de l'écorce et des menues branches. Il préfère les saules et les peupliers de 8 à 12 cm de diamètre mais peut abattre sur plusieurs semaines un arbre de 80 cm d'épaisseur.
Contrairement à une croyance populaire ancienne, il ne mange pas de poissons. Il utilise parfois les branches écorcées pour bâtir son gîte qui est fréquemment une forme intermédiaire entre le terrier et la hutte. L'entrée est située sous le niveau de l'eau. Certaines familles de castors construisent des barrages sur les petits cours d'eau à faible débit afin de limiter les étiages.
En France, son berceau : la vallée du Rhône
Le castor a failli disparaître au début du XXème siècle du fait de sa destruction par l'homme. Il ne subsistait que quelques dizaines d'individus dans la basse vallée du Rhône. Aujourd'hui, il est strictement protégé au niveau national depuis 1968. De fait, il a re colonisé naturellement et progressivement la totalité du bassin Rhodanien à l'exception des cours d'eau cloisonnés par des barrages hydroélectriques infranchissables.
Depuis 30 ans, 22 opérations de réintroduction ou de renforcement correspondant aux lâchers d'environ 250 castors provenant de la vallée du Rhône ont été réalisées. En conséquence, il est de nouveau présent sur les bassins de la Loire, de la Moselle, du Tarn et du Rhin. Quelques petites populations isolées existent, aussi, en Bretagne, en Champagne, dans l'Hérault et en Haute-Savoie.
En 2001, la présence du castor est relevée dans une quarantaine de départements métropolitains . Les effectifs nationaux sont estimés autour de 10.000 individus.
Avenir du castor:
Bien que les effectifs et l'aire de répartition se soient développés notablement au cours du siècle passé, localement des problèmes et menaces perdurent tels :
- La canalisation, l'endiguement et l' urbanisation des berges des cours d'eau qui détruisent et réduisent les habitats
- L'existence et l'édification de barrages et de seuils incontournables qui cloisonnent les populations.
- La suppression radicale des boisements dans les lits mineurs pour favoriser l'écoulement de l'eau qui affecte les potentialités alimentaires.
- La lutte non-sélective par empoisonnement et piégeage contre les rongeurs nuisibles (ragondin et rat-musqué)
Par ailleurs, le castor peut occasionner des dégâts sur l'arboriculture fruitière et la populi culture, ces dégâts peuvent conduire à des tentatives de destruction illicite.