Sarcelle d' hivers: Anas crecca

Classification:
La sarcelle d'hiver est un canard de surface qui appartient à la famille des anatidés, comme les oies, les cygnes et les autres canards.
Identificaton:
C’est le plus petit des canards présents en France, pesant en moyenne 350 grammes. La sarcelle d'hiver est proche de la sarcelle d'été, qui est légèrement plus grande et passe l'automne et l'hiver en Afrique.
D'octobre à juin le mâle possède un plumage nuptial très coloré : une tête marron-roux avec une bande vert métallique de l’œil à la nuque, un corps gris avec une bande horizontale blanche et un croupion jaune bien visible. Les femelles sont plus discrètes avec un plumage brun tacheté.
En été et au début de l'automne, le plumage des mâles ressemble à celui de la femelle (plumage d"'éclipse"), ce qui rend très difficile la distinction des sexes.
En vol, elle est facilement identifiable grâce à sa petite taille et à son vol rapide et capricieux.
Alimentation:
Son régime alimentaire est varié, essentiellement à base de graines (scirpes, céréales, joncs), de végétaux et de petits invertébrés aquatiques (larves d'insectes, moules, escargots) qu'elle trouve dans des marais ou des plans d'eau peu profonds.
Reproduction:
En période de reproduction, son aire de répartition couvre essentiellement la Russie, la Scandinavie et le Canada. Les couples se forment au cours de l'hiver. Entre la mi-avril et le début juin, la femelle pond de 8 à 11 neufs qu'elle couve 21 jours. Les canetons volent à 30 jours.
Pendant la saison de reproduction, les sarcelles sont très discrètes et font leur nid dans une végétation dense, toujours près de l'eau.
Habitat:
Son cadre de vie est les zones humides, aussi bien littorales (baies, estuaires, marais) qu'intérieures (étangs ...).
Migration et hivernage:
La plupart des sarcelles d'hiver nichent dans le nord de l'Europe, principalement en Scandinavie et en ex-URSS. Les premiers migrateurs arrivent en France au mois d'août, les plus nombreux au cours de l'automne. Certains continuent ensuite leur migration vers l'Espagne et l'Afrique du Nord, tandis que d'autres s'installent pour passer l'hiver sur des grands plans d'eau (marais, étangs, estuaires, etc ...) où ils se reposent et se toilettent. Ces "remises" sont quittées à la nuit tombée, quand les sarcelles se dispersent vers leurs lieux d'alimentation nocturne...
En France, lors des migrations d'automne et de printemps, la sarcelle d'hiver peut être rencontrée dans tous les types de zones humides et dans toutes les régions. De grands groupes de plusieurs milliers d'individus sont observés en hiver, principalement en Camargue, dans les zones humides du littoral Atlantique, de la Manche et de la Mer du Nord, mais aussi dans les grandes zones d'étangs ou sur le Rhin.
À la mi-janvier, le nombre de sarcelles d'hiver est de l'ordre de 80 à 90 000 individus. Comme elle s'alimente dans des plans d'eau peu profonds, qui se prennent rapidement en glace en cas de gel, la sarcelle d'hiver est parmi les canards les plus sensibles aux vagues de froid. Il est alors possible d'observer des déplacements très importants d'oiseaux fuyant l'Europe du Nord et se déplaçant vers le sud et l'ouest du pays.
Le nombre de sarcelles d'hiver nichant en France est de l'ordre de 500 à 1 000 couples, principalement dans la moitié nord du pays.
Gestion de l'espèce:
La principale menace pour la sarcelle d'hiver est la transformation des zones humides, qui sont le seul type de milieux qu'elle fréquente. Leur effectif peut ainsi fortement varier localement en fonction des modifications des habitats. Cependant en France, bien que très prisée des chasseurs, la sarcelle d'hiver voit ses populations demeurées stables, probablement parce que certaines personnes alimentent les aires d'hivernage tout au long de la saison.
Ces phénomènes restent mal connus, et demandent la mise en place de programmes de recherches à l'échelle internationale.
L'avenir de l'espèce est liée au maintien et à la préservation de ses habitats.
Chasse:
La sarcelle d'hiver est chassée à la botte, à la passée, en battue et au poste fixe (hutte, tonne, gabion). En France, les prélèvements annuels sont estimés à 331 000, chiffre qui la place au 15ème rang des espèces chassées.